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מאמרים
































Les mouvements de jeunesse juifs au Maroc

Dans les années 1980, les anciens des mouvements de jeunesse sionistes d'Afrique du Nord avaient coutume de se retrouver une fois l'an, dans le calme et la discrétion, dans la forêt de Ben Shémen. C'est ainsi que j'ai fait leur connaissance. Mon regretté ami Raphael Ben Asher du kiboutz Kfar Ménahem, était l'initiateur et l'organisateur de ces rencontres. Dans le cadre de mes recherches sur le sionisme en Tunisie, j'avais eu  l'occasion de le rencontrer à plusieurs reprises et de bénéficier de l'étendue de ses connaissances et de la vivacité exceptionnelle de sa mémoire. Il m'invitait à ces rencontres au  Ya'ar Ben Shémen et ce  fut pour moi une révélation: des juifs d'Afrique du Nord sans ressentiment de discrimination, des membres de kiboutzim et des citadins, fiers de leur apport à tous les domaines de la vie israélienne. Leur seul regret était que la société israélienne ne connaisse pas leur histoire, leur contribution à la fois à leur propre communauté d'origine et à la société israélienne. Avec les années, en grandissant et en approfondissant l'analyse de ces phénomènes, j'en ai mieux compris l'importance et je l'ai traduit dans mes travaux.
J'ai eu l'opportunité de rencontrer grand nombre d'anciens membres des mouvements de jeunesse d'Afrique du Nord, de suivre leur vie en Israël. J'ai appris avec avidité leur histoire, leur enthousiasme idéologique, leur aspiration à la réalisation personnelle et nationale.  Et à chaque fois je me suis demandé : pourquoi leur saga n'a-t-elle pas encore été racontée?

Quand  Arieh Azoulay m'a proposé d'être son directeur de thèse de  doctorat, dans le cadre du Département du Judaïsme Contemporain de l'Université Hébraïque, j'ai hésité. Le sujet proposé était certes excellent et important, mais exigeait un investissement considérable avec des   inconnues en grand nombre. Je lui ai donc suggéré  de changer de sujet et de limiter sa recherche à la période dont il a été un des protagonistes. Après réflexion et consultation avec le professeur Michel Abitbol, il a accepté ma proposition. Ainsi paraissait maintenant pavée la route pour la révélation de l'histoire des mouvements de jeunesse juifs et sionistes au Maroc et Arieh Azoulay pouvait fermer un cercle, à la fois comme un des principaux piliers des mouvements de jeunesse au Maroc, et comme historien contraint de plier son enthousiasme et ses propres souvenirs aux règles strictes de la recherche historique.
Depuis sa alya (immigration, textuellement la montée), le judaïsme marocain a été amené à lutter contre les stéréotypes qui lui ont été accolés de primitivisme et de non-productivisme, le présentant comme une menace pour la culture en développement du pays, entraînant la "levantinisation" de sa société. Ces stéréotypes ont avant tout pour origine l'ignorance des responsables de la alya et de l'intégration et la diffusion de préjugés infondés - hier comme aujourd'hui... Même après de si longues années d'indépendance de l'Etat d'Israël et de vastes recherches scientifiques dans de nombreux domaines touchant le judaïsme marocain, il semble bien que la société israélienne ne connaisse toujours pas assez le passé du judaïsme marocain et la richesse de sa culture.
La contribution du Maroc au processus de paix, son ouverture  aux touristes israéliens, ses efforts de préservation des sites juifs et d'autres facteurs, ont entraîné une certaine évolution dans la perception israélienne des originaires du Maroc. La société israélienne de son côté a également évolué, elle est plus mûre,  plus sensible et plus ouverte à entendre et accepter.  La recherche d'Arieh Azoulay paraît à un moment où a elle plus de chances d'être reçue par la société israélienne, en dévoilant un nouvel aspect, peu connu du  judaïsme marocain.
Le rôle de l'historien est d'essayer de reconstituer le plus exactement possible le récit historique, d'essayer de le comprendre  dans le juste contexte local et de le placer dans une perspective historique. Il y a tout cela dans cette recherche d'Arieh Azoulay sur les mouvements de jeunesse. Le récit historique est bien campé, restitué dans les divers  contextes. Le public retrouvera ainsi l'histoire passionnante des jeunes juifs du Maroc qui se sont organisés dans le cadre de mouvements de jeunesse et mené de pair des activités sociales et de scoutisme. Des jeunes imprégnés de l'idéologie sioniste, dont la contribution à la compréhension de la société juive marocaine et à son processus d'intégration dans la société israéliennes, est d'une extrême importance.
Peu a été écrit à ce jour sur ce sujet. Deux recherches importantes sur les mouvements de jeunesse ont été menées par deux anciens de ces mouvements.
Dalia Bengio, auteur d'une thèse de master en 1986 sur le mouvement "Dror Tséire Sion" ( Dror Jeunes de Sion) au Maroc.
Le docteur Itshak    Abrahami, militant  du mouvement Tséiré Sion en Tunisie, un des premiers olim d'Afrique du Nord après la guerre, et un des fondateurs du garin ( groupe de alya) nord-africain au kiboutz Régavim, a créé près de l'Institut Yad Tabenkine, le Centre de Recherches sur les mouvements pionniers dans les pays d'islam.
Ce centre a été un aimant pour les anciens des mouvements de jeunesse et l'initiateur de rencontres, séminaires et de nombreuses publications. Nous faisons en particulier référence à la série de brochures "La jeunesse entre deux mondes" relatant ces rencontres.
Il n'est pas surprenant que de plus en plus de membres des mouvements de jeunesse écrivent et publient leurs souvenirs. Exemples, le  livre d'Amira Perlov sur son regretté père Sam Avital-Abitbol, et celui de Shlomo Doudou. L'éloignement de la période d'activité, l'âge avancé et la volonté d'en perpétuer la mémoire, sont à la source de cette éclosion de livres de souvenirs.
Le livre d'Arieh Azoulay, basé sur son travail de doctorat, est en fait le premier travail de recherche global sur les mouvements de jeunesse au Maroc. Il se fonde sur de larges recherches d'archives et des interviews personnalisées avec des militants de ces mouvements. Il est de ce fait un travail de base pour leur connaissance et la compréhension de ce phénomène.
Les mouvements de jeunesse juifs et sionistes au Maroc ont eu une grande importance. Ils ont été avant tout le cadre d'une activité nouvelle pour la jeunesse juive, faisant un pont entre les nouvelles valeurs – scoutisme, campements, sorties dans la nature, responsabilité sociale et morale – et les valeurs juives et ou sionistes. Les mouvements ont été un cadre d'endoctrinement sioniste dans lequel était abordée pour la première fois l'étude systématique du sionisme, adaptée au niveau d'études et à l'âge des membres. Ils ont servi de cadre de l'inclusion des jeunes filles dans l'activité sioniste et par la suite dans sa direction.
A la différence de l'activité sioniste conventionnelle, celle des mouvements de jeunesse implique un engagement personnel profond, garant de la continuité de leur action et contribuant au renforcement du mouvement sioniste dans son ensemble.
Au Maroc, leur importance dans l'action sioniste a été considérable. Ses membres, Elie Ohayon et Sam Avital, ont été les organisateurs de la première alya clandestine d'Afrique du Nord en 1947 quand  des milliers d'immigrants clandestins du Maroc passaient secrètement la frontière algérienne pour essayer d'embarquer sur les bateaux affrêtés par le Mossad. Ces mouvements ont également joué un grand rôle dans la seconde période de alya clandestine. Les chercheurs sont depuis quelque temps déjà familiers avec cette épopée et ils connaissent la contribution des membres des mouvements de jeunesse à l'organisation secrète du Mossad au Maroc, la  Misguéret dans le cadre de sa section au nom romantique de Ballet. Les mouvements de jeunesse sioniste, ont, comme le montre Arieh Azoulay dans sa recherche, joué un rôle important dans l'organisation de la communauté juive en vue de sa alya en Israël.
Le mouvement Oded, fondé en 1962, a le mieux symbolisé le changement apporté par les mouvements de jeunesse sioniste au Maroc  et leur importance dans la société israélienne. Le mouvement Oded s'était fixé pour objectif d'encourager la alya des élites sociales pour s'intégrer dans la société israélienne et contribuer à son développement et à sa prospérité. Des militants comme Rapha Bensoussan, Elie Elalouf, Mordekhay Elgrabli, Elie Dayan et d'autres encore, ont acquis leurs lettres de noblesse dans l'action et la contribution à l'intégration dans la  société israélienne.
Arieh Azoulay est un de ceux qui ont entrepris après la direction du mouvement Habonim (les Bâtisseurs) au Maroc, une activité publique passionnante dans la société israélienne,  comme émissaire de la alya en France, comme directeur d'école et comme maire de la ville d'Ashdod.


Dr Haim Sadoun






























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