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מאמרים
































Une jeunesse dans la tourmente
les mouvements de jeunesse juifs au Maroc de 1944 à 1964 Un travail de recherche nécessaire qui vient à son heure.

L’histoire de la communauté juive marocaine, son épanouissement, ses aléas, sa quasi totale disparition de sa terre natale n’ont pas fini d’interpeller les historiens, les chercheurs et les hommes politiques. Voici une communauté qui a avoisiné les 300.000 âmes dans les années 1950 et qui sans avoir connu de cataclysme majeur à l’image d’autres ethnies de par le monde s’est trouvée réduite dans les années 2.000 à moins de 5000 personnes au Maroc alors que des centaines de milliers d’autres originaires du Maroc à l’étranger se réclament de leurs origines et de leur culture marocaine. Outre les universitaires juifs naturellement intéressés par ce phénomène qui impliquait le plus souvent leurs proches parents une nouvelle génération d’universitaires musulmans marocains est partie elle aussi à la recherche de ses concitoyens juifs marocains qu’elle n’avait pas connus et dont elle découvre avec intérêt une existence qu’elle n’a pas encore totalement déchiffrée. Mais universitaires juifs comme musulmans n’avaient pas encore orienté leurs travaux sur un volet pourtant peut-être le plus important de cette période de la vie juive , celui des mouvements de jeunesse. En avaient-ils ignoré l’existence ou sous estimé leur rôle, le fait est qu’il a fallu que le Dr Arieh Azoulay s’attelle à la tâche pour nous en donner un tableau très complet dans Une jeunesse dans la tourmente. Les mouvements de jeunesse juifs au Maroc de 1944 à 1964 (Editions Elkana Jerusalem). Cet ouvrage sujet de sa thèse de Doctorat présentée à l’Université Hébraïque de Jerusalem est avant tout le travail d’un chercheur, mais c’est aussi nécessairement le regard d’un acteur privilégié de ces mouvements, avant d’être aussi le regard de l’homme public israëlien (Délégué à l’Agence Juive en France, Maire d’Ashdod de 1983 à 1989, puis chef du Département de l’Alya) qu’il a été par la suite. Ni polémique, ni apologétique, l’ouvrage du Dr. Azoulay est un travail de recherche universitaire très riche, très fouillé. Ses sources d’information sont variées et souvent inédites puisque il a eu accès aux Archives Sionistes Centrales, à celles de l’Etat d’Israel, aux Archives Diplomatiques des Affaires Etrangères, à la presse juive marocaine et qu’il a pu interviewer différents acteurs des évènements rapportés encore en vie, en veillant à chaque fois à garder le recul du chercheur par rapport aux faits qu’il cite. Son ouvrage est préfacé par le docteur Haïm Sadoun qui a été avec le Professeur Michel Abitbol co Directeur de la thèse du doctorat; il comporte différentes annexes, une bibliographie, une liste de 470 notes, de nombreuses photos et un index fort utile de tous les noms cités. C’est donc un ouvrage de référence très complet à la consultation aisée.
Sur le plan de la méthode , le Dr. Azoulay adopte une démarche originale, il fait d’abord un état des lieux de la situation des mouvements de jeunes juifs marocains, ceux qu’il appelle les mouvements communautaires , dans la mouvance de l’establishment juif ( les Ecoles de l’Alliance Israelite, les Comités des Communautés ) et les mouvements pionniers , dans la mouvance de l’establishment israelien (l’Agence Juive et ses émissaires,…) Dans une série de monographies, il présente tour à tour chacune des composantes de ces mouvements ; pour les communautaires, les Eclaireurs de France, les Eclaireurs Israelites de France et le Département Educatif de la Jeunesse Juive, le DEJJ et son chef charismatique Guedj, et pour les pionniers, les mouvements Habonim, Dror, Hachomer Hatsair, Hanoar Hatsioni et Bnei Hakiva, avec leurs émissaires israéliens représentants des différents mouvements kibboutziques.
Une fois ce décor planté, le Dr. Azoulay invite le lecteur à débattre de :
 la spécificité de ces mouvements qui les rend difficilement comparables à d’autres mouvements de par le monde,
 l’influence qu’ont eue au Maroc des institutions internationales juives et israéliennes,
 des conflits et les arbitrages entre les attentes de la jeunesse sur place et celles de ceux qui étaient appelés à partir en Israel,
 des rapports complexes des mouvements communautaires avec leurs homologues pionniers
 du rôle des cadres des différents mouvements pionniers ou communautaires, dans la construction de l’Etat d’Israel,
en un mot comment peut-on évaluer l’impact de ces différents mouvements sur leurs communautés d’accueil en Israel?
En attendant de disposer peut-être un jour d’un outil statistique adapté permettant d’analyser la qualité et la quantité des différents flux migratoires et de leur intégration, le Dr. Azoulay nous propose un sondage réalisé en 2008 lors d’une rencontre internationale à Ashdod de 400 personnes ayant été à un titre ou un autre actives dans l’un des mouvements de jeunesse étudiés.
Le résultat du sondage confirme à l’évidence le rôle positif que tous les mouvements ont eu sur la jeunesse juive marocaine lors de son immigration en Israel.
C’est le mérite du Dr. Azoulay d’avoir ouvert ces différents chantiers. Ceux-ci permettront, souhaitons le, à des chercheurs juifs et musulmans de comprendre mieux encore la tourmente de la jeunesse juive d’alors et son souhait d’assurer aux nouvelles générations épanouissement et sérénité.

Paul Ohana
28 Juin 2014
Paris






























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